Pour en apprendre davantage sur moi et mon projet photo.

photo d'Augustin Cervoni réalisée par Augustin Cervoni pour le site Explora by Augustin sur la page de présentation.

Explorer - Respecter

Voici la présentation et description de mon projet Explora by Augustin. Pour comprendre ma pratique photographique et les valeurs qui m’animent, vous pouvez lire le texte ci-dessous.

EXPLORER :​

Arrêter de regarder la carte pour la parcourir.

Après des études en Sciences Sociales, principalement portées sur la recherche en Géographie, j’ai souhaité arrêter de regarder la carte pour la parcourir. Explora by Augustin a pour ambition de partager mon exploration du monde à travers mes clichés photographiques. 

Né peu avant les années 2000, j’ai grandi avec les défis politiques et sociaux de notre époque et des récits d’aventures plein la tête. Mes influences principales sont, bien entendu, certain·es photographes, mais également beaucoup d’autres médias. Fan de cinéma depuis le plus jeune âge, j’ai toujours eu un goût prononcé pour les films grand public qui, tout comme le rap, sous leur vernis populaire, arrivent à véhiculer des messages intelligents et/ou des émotions fortes. Je suis un lecteur de théories géographiques, politiques, jusqu’à la philosophie, et surtout grand amateur de science-fiction. En résumé, j’ai toujours été curieux, et c’est cette curiosité du monde et de l’ensemble des productions culturelles humaines qui me pousse vers la photo. J’essaie de créer avec l’ensemble de ces influences, tout en essayant de parler au plus grand nombre, avec des photographies qui communiquent quelque chose.

Ma pratique de la photo est de fait diverse. Je la considère comme un moyen de représenter un espace, plutôt que comme le choix d’une pratique ou d’un thème en particulier. Je fais autant de la photographie de paysage en nature ou en ville ; je me rapproche également de certains sujets et fais de la photo animalière ou de la street photography. À d’autres moments, j’aime la quiétude de la nuit pour faire de l’astrophotographie ou bien m’isoler dans des lieux abandonnés pour des photos d’urbex.

En bref, j’utilise la photographie pour raconter comment je ressens et perçois les espaces que j’explore à un moment donné. Tout devient alors aventure : chaque temporalité étant unique, l’exploration d’un lieu ne peut qu’être singulière. L’aventure au sein du monde est alors quotidienne, permanente, pour autant qu’on y prête attention ; la photographie est un moyen de figer, de garder en mémoire ces explorations.

Le projet Explora by Augustin n’est pas de visiter l’entièreté du globe, cocher le maximum de lieux sur une liste. C’est une posture vis-à-vis du monde, celle d’un spectateur sensible, qui avec ses photographies, cherche à raconter comment il vit ces espaces traversés. Toutes ces explorations, ces photos, permettent de montrer un espace-monde rempli d’une diversité naturelle, de régions, de vivants, de gens qui composent tous ensemble une toile de fond bien plus unie que ce que les artisans de la division laissent à penser. 

Ma pratique de la photographie s’oriente ainsi vers l’extérieur et moins vers le studio que je laisse à d’autres talentueux·ses. Néanmoins, je ne refuse pas toute mise en scène dans mes photos : par exemple, au sein d’un paysage d’urbex ou naturel, je peux parfois prendre place ou agencer un éclairage au sein du cadre. Je cherche à créer une ambiance qui permettra non pas de créer un autre espace ou de le déformer, mais de mettre en avant par la mise en scène, comment je perçois ce dernier. La théâtralisation photographique au sein de celui-ci devient alors un moyen de montrer ses pluralités, sa diversité que j’ai ressentie. 

A contrario, lorsque je photographie d’autres individus, dans des espaces naturels ou urbains, comme en street photographie, je mets un point d’honneur à ne pas influer sur les scènes en tant que photographe, à condition que l’intégrité des personnes ne soit pas menacée, là, j’en ai 15 minutes pour ranger le matériel photo puis je vais aider.

RESPECTER :

Photographier sans laisser de traces.

Pour ma part, l’impact de la photographie doit être cantonné à sa réception et non à sa production. Autrement dit, la·e photographe, lorsqu’il ou elle prend sa photo, ne doit pas avoir d’impact là où il·elle est, et s’il·elle en a un, il se doit d’être positif.

L’impact à la réception de la photo doit être positif selon le système de valeurs que l’on établit pour la photo en question et/ou la série. Parfois une photo peut faire pleurer, énerver, sourire, attrister. Il convient que le·a photographe ait conscience des émotions qu’il·elle peut provoquer et a la responsabilité d’user de ces dernières dans une optique positive. Par exemple, le choquant : tel que la publication d’images violentes ne doit pas être gratuite dans le simple but de choquer. Une photographie réussie doit faire ressentir quelque chose. 

Cela implique plusieurs choses dans la réalisation de mes photographies : un respect du vivant, de la nature, des espaces anthropiques ainsi que des personnes elles-mêmes. Respecter les animaux photographiés : ils doivent être libres, sauvages, et notre présence ne doit jamais les déranger. Si l’on est dans la nature, notre passage ne doit jamais laisser de traces ; on se doit d’être invisible. Il en va de même pour les espaces créés par les humains, qu’ils soient plus ou moins abandonnés.

Cela vaut de manière semblable pour les personnes que l’on prend en photo : ne jamais insister, déranger ou se jouer des personnes photographiées (on peut ruser pour prendre une photo, mais la ruse doit être révélée si elle dérange). Le·a photographe a  l’obligation d’essayer de sortir et d’inviter à sortir des préjugés qui peuvent exister. Le respect, c’est aussi vivre et faire de la photographie d’une manière qui permette aux autres d’avoir aussi la vie qu’ils·elles souhaitent. Produire une image, même la plus banale, la partager, la consommer, la regarder de manière choisie, c’est avoir une responsabilité. Ainsi, prendre et communiquer des photos, c’est une manière de faire de la politique et de s’inscrire dans la production d’images au sein d’une époque tourmentée socialement, économiquement, politiquement et écologiquement.

J’aimerais réussir, aussi, par ces photos, à mon échelle, à réenchanter un tant soit peu le monde. Du quotidien le plus banal aux expériences les plus extraordinaires, peu importe : par la photo, il est possible de représenter le monde pour ce qu’il est, une infinité de paradis à défendre.

Augustin Cervoni

photo 2 d'Augustin Cervoni réalisée par Augustin Cervoni pour le site Explora by Augustin sur la page de présentation.